Ib - On n'a pas de sujets
On converse blanche et noire sans parler.
Que dirais-tu de s'allonger là.
Et regarder le monde disparaître.
Le monde sans nous.
C'est nous contre le monde.
Pieds nus, sur le monde.
Anton - Des fantômes qui dorment
Attendent du monde.
Les spectres qui dansent
Regardent dans les miroirs.
Sans froid qui nous gouvernent,
Petite idée de la réalité
Nous allons trouver ce thème.
Ib - Nous n'en avons pas.
De plus, nous sommes soumis.
A la folie maîtresse.
Le roi et l'arène sont devenus fous.
Mimez, aimez, soyez fous vous aussi .
Nous n'avons pas de sujets.
Le vide total qui nous sidère.
Anton - De toutes ces langues
Etranges soient-elles
L'incapacité d'en dialoguer
Troubles angoissant
Bientôt les mots seront clos,
Rangées dans des boîte à phrases,
Des boîtes à captures.
Ib - Les mots ne disent pas.
Mouvements de tête, battement de cœur.
Battons nous, toi, moi et tous nos cœurs.
La musique est silencieuse.
Nous ne trouvons pas nos maux.
Le thème c'est aime.
Le thème c'est tout et rien.
Anton - S'aime, elle n'avait pas d'endroit
Où pleurer. La peau n'est pas la couverture,
Tout est devenu tellement folie
Entre nous, autour de nous, en nous.
Plus de règnes, pauvres thèmes
De toi à moi de moi à toi
Paupières violettes.
Ib - Nos nuits blanches laissent des traces.
Des traces noires sous nos yeux.
Anton - Manger le sommeil, les nuits nous devancent
Les aiguilles en flèches, les anges sans sexe.
Ib - Le temps fait un tour
Je l'entends résonner dans mes tempes.
Anton - Un jour on sera fou
fou de tout, fou de nous
on ira mourir pour l'amour
sans cracher sur nos ailes.
J'ai envie de commencer notre pièce d'invention par ceci :
les ailes avoir.
Ib - Un beau jour on s'aimera si fort
Que le monde entier aura tord.
Mes yeux vont t'inventer.
Ton coeur va m'aimer.
Un beau jour...
Un joli jour...
Sur les ailes du vent nos coeurs s'évadent.
Anton - M'aile, t'aime.
sublimes déchirures
moelle brisée,
poussent, crient, sortent
de la chair de nos êtres
et s'élance en l'air
et s'élance en l'air
là où le vent chauffe,
Folles ailes, folles aimes.
un monologue à deux
deux pour monologuer
monologuer pour gagner
sur les absents.
Plus de limites sans savoir
noblesse en dessous
visages enfermés et paroles foudroyés.
acteur seul
actrice seule
acteur et actrice
en-semble.
Ib - Elle sème et t'aime.
Mon thème c'est toi.
Je n'aime que toi.
Anton - attends-moi. je ferai bien des mots avec toi. reste à moi.
je trouverai des milliers de sujets de conversation avec toi.
on ira demander pourquoi
on crachera des comment
on suppliera des qu'est-ce que
on échangera des réponses.
en vendant des ronces
(en marchant vers la chaîne)
J'irai te chercher aux puissances infernales
Je te suivrai sans lyre et sans muse théâtrale
Je finirai par me retourner pour en chanter
d'autres.
(allume la chaîne)
(on peut entendre le début de Radiohead - Karma police)
Ib - Je te suis là où nous n'irons jamais.
Offres moi tes chaînes,
Je te le promets, nous serons libres.
J'entends la musique de ton coeur.
(en chuchotant)
Tout bas.
Anton - on finira bien par être à court
on peut toujours parler d'amour
Ib - Viens,
Donne moi la main mon amant.
Tiens,
Prends mon âme mon ami.
Regarde,
Je te donne tout mon amour.
Alors garde moi.
Anton c'est un théâtre sans fin
dans le fauteuil brun
on a vagabondé
sans utile et sans agréable
dans une courte fable sans arbres.
ma main ton âme ton tien
sans fin.
Ib C'est juste une mise au poing
Il y avait toi et il y avait moi.
Je crois que c'est a peu pres tout ce que j'ai retenu.
Tu me tenais la main.
Nous marchions.
C'était l'automne, les arbres étaient nus.
Anton -- nous irons chez les loups
pour en trouver des fous
et s'en absorber
tout
tout
Ib - un, deux, trois,
nous irons au bois,
quatre, cinq, six,
Je n'irai pas sans toi.
Sept, huit, neuf,
Tu sera mon toit.
Dix, onze, douze.
Mince, voila le loup.
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